Contacts Désirs d'Avenir 37 :

Hugo Chavez avait réussi un premier passage sur le fil de funambule en s’arrogeant le rôle d’intermédiaire d’une éventuelle libération d’Ingrid Betancourt. Pour que son affaire marche il fallait trouver le moyen de donner un peu d’ampleur internationale à son jeu.
Nicolas Sarkozy de son coté, toujours à l’affût de coups médiatiques, a bien crû en lui ouvrant ses portes que ceci lui ferai
partager avec lui l’éventuel succès de l’opération. A sa décharge, ce n’est pas le premier homme politique en France à croire qu’il peut, par sa vision « française » des choses, réussir
là où tous les efforts colombiens ont échoué.
A sa charge, il démontre non seulement qu’il connaît aussi peu la question et son environnement que ses prédécesseurs, mais qu’il est prêt à s’accrocher à n’importe qui si cela peut lui servir
d’outil publicitaire.
Ainsi ce drôle d’attelage, Sarkozy-Chavez vient probablement, si elle est encore en vie, d’enfoncer Ingrid un peu plus profondément dans la forêt Colombienne. Les efforts de la famille d’Ingrid ne sont pas à critiquer. Mais des hommes politiques n’ont pas le droit de jouer avec des questions aussi graves.
Uribe est ce qu’il a toujours été. Un homme très à droite, ayant à faire face à une guérilla qui n’a plus aucun positionnement idéologique et avec laquelle TOUTES les tentatives de négociation ont échoué, conduites par des esprits de gauche comme par des esprits de droite, par des pacifistes comme par des militaires.
Marulanda est un vieux tigre, égotique et roublard qui a peut être un jour, dans sa lointaine jeuneuse eu des idées politiques, semble-t-il à gauche. Tout cela est bien loin et le « travail » des FARC en particulier concernant les otages, n’a plus rien d’idéologique. Peut être reste-t-il en France quelque vieux Stals pour croire encore le contraire !
Chavez, après sa tentative de coup d’Etat militaire en 1994, qui l’a conduit en prison, a compris, au moins, deux choses : Qu’il ne fallait pas être pressé pour atteindre son but et qu’il fallait procéder par étapes successives.
Il a gagné la première élection démocratiquement, après sa sortie –avancée- de prison grâce à ses indéniables talents d’orateur, à sa connaissance du pays, à sa démagogie dans un pays que les vingt dernières années de vie démocratique n’ont pas su guérir de ses maux.
La société vénézuélienne vivait dans la désespérance depuis les années quatre-vingt, s’enfonçant dans la pauvreté, voyant la corruption s’accroitre presque proportionnellement à sa décadence et son peuple de plus en plus enfoncé dans la spirale de la misère.
Ce « cadeau » fait à Chavez lui a permis d’enterrer progressivement une démocratie encore en devenir qui n’avait pas réussi à s’auto-redresser. Une fois de plus depuis le début du XVIII siècle, un militaire venait « sauver » la patrie et le peuple.
Nouvelle constitution après nouvelle constitution, on arrive à celle qui sera soumisse à référendum dimanche 2 décembre (déjà approuvée par un parlement où seuls les chavistas existent réellement) qui le porte au sommet de son ambition : Lui donner la possibilité d’une présidence à vie, comme Bolivar aurait voulu le faire pour lui et mettre en place tout ce qui permet légalement d’instaurer les pleins pouvoirs présidentiels dès qu’il le voudra.
Moyennant quoi ? Deux succès indiscutables, bien que fortement limités malgré ce que certains en France en disent : Une amélioration dans l’accès à l’éducation de base pour les plus pauvres et aux soins premiers (dispensaires) pour les mêmes. Mais toujours autant de corruption, une criminalité invraisemblable, faisant de Caracas aujourd’hui un des records d’insécurité en Amérique du Sud et une économie toujours anémiée, malgré le fantastique saut des rentrées pétrolières dont Chavez a bénéficié.
Par contre, dans ce pays qui n’a jamais été agressif, les achats d’armes de tout niveau et la militarisation du pays se font à grande vitesse……
Chavez avait eu à faire face à un moment difficile après le non renouvellement de la licence d’émission d’un canal privé de télévision très populaire qui lui était frontalement et durement opposé. Sa popularité a un peu souffert dans le pays. Pure coïncidence, c’est à ce moment là qu’il s’est érigé en possible sauveur d’Ingrid.
Aujourd’hui, un cocktail imprévu, mélangeant une position internationale améliorée par sa « bonne relation » avec Nicolas Sarkozy, l’impair du roi d’Espagne, qui lui permet de jouer la victime « depuis cinq siècles » la restriction de sa tentative par Uribe, qui lui permet de jouer une corde dangereuse et toujours présente dans le peuple vénézuélien, de la méfiance envers le « frère » colombien tombent à pic pour le référendum de dimanche.
Et Ingrid dans tout cela ?
Instrumentalisée !
Jorcas (Vénézuélien d’origine et de gauche)
Source : Betapolitque





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