Partager l'article ! Ségolène Royal peaufine son profil d'opposante.: Au sortir d'une séquence marquée par la parution d'un livre bilan destiné ...
Confié à un PDG incarcéré depuis pour "gestion déloyale", en proie aux manoeuvres d'investisseurs qui ont entravé le droit d'exploiter la
marque, le chausseur Charles Jourdan fait figure de victime.
Ses 197 salariés s'attendent à recevoir leur lettre de licenciement entre Noël et le Jour de l'an.
"LA PREMIÈRE À SE DÉPLACER"
"Cette situation m'a révolté et j'espère que ma présence pourra contribuer à faire bouger les choses. Si je n'étais pas venue, j'aurais eu mauvaise conscience", a affirmé
Mme Royal qui a dénoncé "la cruauté sociale" dont se rendent coupables "des financiers véreux" et "la chape de plomb du silence qui s'abat sur les entreprises qui ferment et
délocalisent".
"Pendant ce temps, a ajouté l'ancienne candidate socialiste, le président s'amuse et la France souffre ; le roi s'amuse et le peuple souffre."
Mme Royal a traversé l'usine, où escarpins et bottes en cours de confection sont restés en l'état dans les ateliers. "Serrer les mains, qu'est-ce que ça va changer à notre
sort ?", a-t-on parfois entendu sur le passage de Mme Royal qui a discuté avec des petits groupes, réconfortant une femme en pleurs ou s'indignant devant "l'histoire
hallucinante" que vit le personnel.
"Ségolène Royal n'est pas venue uniquement pour nous, mais elle est la première à se déplacer. Depuis octobre, Nicolas Sarkozy a été invité et on l'attend toujours", soulignait Muriel Lavail,
employée depuis huit ans à la réception et qui dit s'être "abstenue" lors de l'élection présidentielle.
Devant les élus du comité d'entreprise, Mme Royal a pris des notes et suggéré une transformation en société coopérative, comme plusieurs entreprises en difficulté l'ont fait
avec l'aide du conseil régional de Poitou-Charentes.
"Il est plus que temps de passer à l'action", a-t-elle affirmé du haut du monumental escalier installé dans le hall d'entrée avant de prendre congé.
Cette visite aura permis à Mme Royal, dont la volonté d'ouverture au centre a été critiquée par certains
dirigeants du PS, de mettre également en évidence la composante "sociale" de son discours. Et de faire savoir qu'elle ne se désintéressait pas du sort réservé à ses
partisans lors de la constitution des listes pour les élections municipales qui ont donné lieu à quelques mouvements de tangage.
En particulier à Paris où, s'est-elle étonnée devant les journalistes, "des choses bizarres se sont produites".
Mme Royal entend mieux s'organiser au sein du PS ; début 2008, elle constituera "une équipe" autour d'elle.
Jean-Michel Normand - LE
MONDE
Commentaires