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Les premières images de Clara Rojas diffusées par une chaîne de télévision vénézuélienne. Libérée après six ans de captivité.



COLOMBIE. L'opération a réussi grâce à des concessions des gouvernements colombien et vénézuélien ainsi que des FARC. Si Berne n'a pas joué un rôle spécifique dans l'opération, son succès résulte en partie de la vision suisse.
 
Après deux semaines de tension maximale, les deux Colombiennes otages des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), Clara Rojas, 44 ans, et Consuelo Gonzalez, 57 ans, ont été libérées jeudi. Menée conjointement par les gouvernements colombien et vénézuélien en collaboration avec le Comité international de la Croix-Rouge, l'opération a débuté au Venezuela où deux hélicoptères portant l'emblème du CICR ont décollé pour se rendre dans la ville colombienne de San José de Guaviare, à 300 kilomètres au sud-est de Bogota. De là, ils se sont rendus dans la jungle colombienne (forêt du Guaviare) à un lieu déterminé par les FARC pour la remise des otages. Les autorités colombiennes avaient donné une heure aux FARC pour s'exécuter. Après la remise des otages au CICR, les deux femmes ont été héliportées en bonne santé au Venezuela.

Cette libération met fin à une captivité de près de six ans pour Clara Rojas, ex-collaboratrice d'Ingrid Betancourt, et de six ans et demi pour Consuelo Gonzalez. La famille Betancourt n'a pas manqué de manifester sa satisfaction et demande que le président Hugo Chavez poursuive sa médiation pour extraire Ingrid Betancourt des mains de la rébellion marxiste le plus rapidement possible. Quant au président français, Nicolas Sarkozy, il a dit se réjouir du succès de l'opération et promet que la France va redoubler d'efforts pour libérer la Franco-Colombienne.

Libérer quelques otages moins connus

Les FARC avaient promis de libérer trois otages le mois dernier. Mais après avoir appris qu'ils n'étaient plus en mesure de récupérer le fils de Clara Rojas, Emmanuel, qu'ils avaient confié anonymement à une famille colombienne, ils s'étaient ravisés à la fin décembre, faisant échouer une première tentative de libération, par ailleurs très médiatisée.

Ce qui a permis cette fois de faire aboutir l'opération, c'est la conjugaison de plusieurs concessions. Celle du gouvernement d'Alvaro Uribe, qui a finalement accepté d'interrompre les manœuvres militaires dans la zone des FARC, celle de Hugo Chavez, qui a renoncé au cirque médiatique qu'il avait mis en place lors de la première opération et celle enfin des FARC, qui ont donné à l'avance des informations risquées sur le lieu de remise des otages.

La Suisse est loin d'être étrangère à la libération des deux Colombiennes. C'est même le résultat non pas d'un plan suisse, qui supposerait l'existence d'un document précis, mais d'une stratégie suisse. Peu après le début de l'affaire des otages, en février 2002, la Confédération a proposé, dans une politique des petits pas, de négocier la libération d'otages moyennement connus. Revendiquer d'emblée la libération d'Ingrid Betancourt a été jugé irréaliste au vu de la «visibilité internationale» que garantit aux FARC la détention de la Franco-Colombienne. Si Clara Rojas et Consuelo Gonzalez sont libres, c'est donc la concrétisation de la vision stratégique suisse. Dans un communiqué, le Département fédéral des affaires étrangères le confirme: «Cela fait cinq ans que la Suisse travaille sur ce dossier, d'abord seule, avant que l'Espagne et la France ne la rejoignent.» Mais l'objectif de la Confédération est à plus long terme: il s'agit d'aboutir à un accord humanitaire pour libérer tous les otages, dont le nombre est estimé à plusieurs milliers.

Sur le terrain, la Suisse n'a pas utilisé les canaux diplomatiques usuels, mais a recouru à des intermédiaires afin de maintenir ouverts le plus grand nombre de canaux de discussion possibles. 
 
Avec la France et l'Espagne, la Suisse avait échafaudé un plan visant à créer une zone démilitarisée de 180 km² devant permettre de négocier un accord entre FARC et autorités colombiennes. 
 
Ce plan ayant échoué, la Suisse a poursuivi sa stratégie, qui n'a cessé d'évoluer en fonction des conditions du terrain. A Berne, il semblerait qu'on ait peu goûté les coups d'éclats de Nicolas Sarkozy, qui aurait agi en solo au grand dam du groupe des trois facilitateurs.
Un groupe que la France avait rejoint à un moment où l'on estime qu'elle n'avait plus de réseau opérationnel sur place après l'échec cuisant de l'opération cavalière de libération (opération «14 juillet») orchestrée par Dominique de Villepin en 2003. 
 
 
 

Stéphane Bussard
Vendredi 11 janvier 2008 
Source :
LeTemps.ch
par Ghis publié dans : Actualités
Vendredi 11 janvier 2008

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