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Une nouvelle importante nous vient de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale, un organisme qui gagne à être connu et qui- à l’instar du gala organisé au profit des
organisateurs de galas- fournit du travail à nombre de cols blancs : l’écart se creuse entre les riches et les pauvres. En gros : le pauvre touche dans les 775 euros par mois, alors que
le riche ne dépense même pas cette somme par jour en pourboires pour son majordome.
Examinons les raisons de ce grand écart qui résultent de faits observables à l’œil nu :
Le riche mérite ses dividendes, le pauvre mérite ses lumbagos. Le riche travaille bien au delà des 35 heures en épluchant avec soin les cours de la Bourse alors que le pauvre ne songe qu’à
fainéanter en achetant des billets de loto. Le riche connaît la valeur de l’argent alors que le pauvre ignore le montant du baril de pétrole dubrent de Londres. Le riche lit la presse économique,
le pauvre lit "L’Equipe". Le riche investit dans la pierre à Deauville quand le pauvre investit dans le tiercé à Deauville.
Le riche est élégant, cultivé, et fait du polo à Bagatelle. Le pauvre met son flottant CGT pour aller pousser le ballon sur le terrain municipal de Bondy. Le riche vote pour ceux qui lui
promettent des vigiles sous les murs de son manoir alors que le pauvre vote pour ceux qui promettent de mieux surveiller les pauvres. Leriche se reproduit facilement entre la poire, le fromage et
le cognac quand le pauvre, fatigué en rentrant du bureau, s’endort devant TF1.
On est riche de père en fils alors qu’on est pauvre à vie. Le riche, magnanime, n’hésite pas à donner à la tombola de la paroisse, le pauvre préfère cotiser aux Restaus de Cœur. Riche, c’est un
état d’esprit hérité du siècle des Lumières après un stage au front office de la Générale. Pauvre, c’est une malédiction entretenue par la lecture bâclée de Marx et Engels. Le riche ne croit
pas à la lutte des classes, puisqu’il en est l’arbitre et fixe les règles là où le pauvre croit à la conquête de la Lune.
Le riche a du goût : il habite un palace sur la Côte. Le pauvre en manque : il squatte une masure en banlieue. Le riche s’installe dans les friches industrielles des zones défavorisées
avec l’appui des subventions de l’Etat avant de fermer son usine pour la délocaliser en Bulgarie. Le pauvre achète son pavillon à crédit au même endroit avant de le revendre à perte quand
il se retrouve au chômage. Le riche est astucieux, le pauvre est crédule.
Le riche vend ses actions, le pauvre sa force de travail. Le riche est moins nombreux que le pauvre, beaucoup moins, mais bien mieux représenté au Parlement. Le pauvre a cru à la prise de la
Bastille et au père Noël. Si tous les pauvres du monde se donnaient la main, les riches auraient des insomnies.
Mais les riches ont trouvé l’argument imparable : « Vous êtes pauvres, certes, mais moins que les pauvres des pays pauvres qui n’ont rien à manger. Alors de quoi vous
plaignez-vous ? Savez-vous que nous-mêmes, que vous croyez riches, sommes des riches au rabais à côte des magnats du pétrole et des grossiums de l’acier ? Croyez-vous que c’est drôle de
se faire humilier par un Mittal indien ou un oligarque russe ? Nous avons aussi notre fierté que diantre ! Alors, faites comme nous : endurez les inégalités en
silence ! »
Et les pauvres, compatissants, fêtent le Travail offert par les riches pendant que les riches sanctifient les
revenus du travail des pauvres.
Ite missa est !
http://www.bakchich.info/article3602.html

"Si être socialiste, c’est d’abord et avant tout vouloir la justice, combattre les
inégalités de toutes sortes, alors il n’y a peut-être jamais eu autant de raisons d’être socialiste qu‘aujourd‘hui ! "
Ségolène Royal.
En plus, il est désespéré.