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n a beaucoup parlé de l'extraordinaire
égotisme de Nicolas Sarkozy. "Moi, je" semble être la formule qui résume tout son discours.
Dans son meeting d'intronisation comme candidat, le 14 janvier 2007, à la porte de Versailles, à Paris, il était particulièrement en forme : un "je" toutes les 17 secondes, un quart de
ses phrases commençant par ce mot... "Je veux être le président", martelait-il 27 fois de suite.
Au total, Nicolas Sarkozy utilise le pronom "je" 17 fois pour mille mots.
Le général de Gaulle l'utilisait seulement 6 à 7 fois.
Mais il faut être juste : d'autres ont glissé sur cette pente. Le champion en la matière fut un certain François Mitterrand (24 "je" pour 1 000 mots). Ségolène Royal et François Bayrou
ont fait durant leur campagne un usage du "je" sensiblement équivalent à celui de Nicolas Sarkozy.
Alors d'où vient cette impression de narcissisme linguistique qui se dégage du discours de ce dernier ?
La réponse est dans l'usage comparé des pronoms. Les autres candidats parlaient d'eux, certes, mais en nous incluant dans leur discours : Ségolène Royal affectionnait le "vous"
(participatif...) et François Bayrou le "nous" (qui était jusqu'à présent une valeur de gauche, mais depuis la chute du Mur, tout est un peu chamboulé...).
Nicolas Sarkozy, lui, nous inclut rarement dans son univers linguistique. Voilà sans doute ce qui produit cette impression qu'il ne parle que de lui, comme un enfant qui répète obsessionnellement
"je veux"...
Lors de son interview télévisée du 24 avril, ses conseillers lui ont sans aucun doute suggéré d'éviter les "je veux", et de glisser quelques "nous".
Le président a essayé.
Peut-être a-t-il utilisé en une soirée plus de "nous" qu'au cours des derniers mois.
Mais ce "nous" a été surtout associé aux difficultés, le "je" se gardant le beau rôle.
"Nous y arriverons", dit-il à propos d'Ingrid Betancourt (en ajoutant aussitôt "Je ne céderai pas, je ne renoncerai pas").
"Si j'ai décidé du renfort de 700 militaires français sur place, c'est parce qu'il faut que nous réussissions", explique-t-il à propos de l'Afghanistan.
Sur les erreurs "reconnues", c'est presque un cas d'école.
Sur le paquet fiscal, "nous avons fait une erreur de communication totale", dit-il.
Sa réaction sur la carte famille nombreuse de la SNCF résume tout : "On a commis une erreur", reconnaît-il : "Quand je m'en suis aperçu, je l'ai corrigée
immédiatement."
Chassez le naturel, "je" revient au galop...
Jean Véronis
http://abonnes.lemonde.fr/web/articleinteractif/0,41-0@2-823448,49-1040470@45-5231@51-998385,0.html
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"Si être socialiste, c’est d’abord et avant tout vouloir la justice, combattre les
inégalités de toutes sortes, alors il n’y a peut-être jamais eu autant de raisons d’être socialiste qu‘aujourd‘hui ! "
Ségolène Royal.
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