Mardi 20 mai 2008
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De l'abus des citations anonymes dans la presse.
Voilà comment l'on pourrait résumer la sale affaire qui vient écorner l'image du Figaro après la parution, le 17 mai, d'un confidentiel croustillant mais - apparemment - faux :
Conviée au dîner-débat du Cercle des économistes, aréopage de spécialistes issus des grandes écoles et de l'Université, Ségolène Royal aurait, selon le journal de Serge Dassault, menacé de "quitter
la table" sous le feu roulant de questions pointues. Le confidentiel s'achevait par la citation anonyme d'un participant se gaussant de l'incompétence supposée de l'ex-candidate devant une telle
assemblée de surdiplômés... De quoi flatter dans le sens du poil le lectorat conservateur du Figaro .
Problème : le Cercle des économistes dément formellement que les choses se soient ainsi passées. Samedi, Jean-Hervé Lorenzi, son président, s'adresse derechef à son ami Philippe Reclus, journaliste
au Figaro , pour lui demander de diffuser un rectificatif.
Reclus (désormais au Fig Mag ) transmet à la hiérarchie du quotidien, laquelle décide de s'asseoir dessus...
Là, Lorenzi se fâche rouge, convoque les membres de son cercle le dimanche et, tous ensemble, ils décident d'assigner Le Figaro en justice, au civil. Parallèlement, il envoie une lettre de plates
excuses à Ségolène Royal.
Plainte contre Le
Figaro
"Je suis ivre de rage. C'est la réputation du Cercle qui est en jeu, explique Jean-Hervé Lorenzi au Point . Nous avons fait une centaine de dîners. De Sarkozy à Chirac, tout le monde est venu. Nous
n'avons pas à être mêlés à cette manoeuvre politique. Tout est faux ! C'est une pure invention ! Je crois savoir qui a pu inventer une telle histoire, mais c'est à mes yeux secondaires. Chez les
vieux, de temps en temps, on a besoin d'exister parce que la vie s'enfuit."
Le Cercle des économistes comprend des économistes de toutes sensibilités.
"C'est un lieu de dialogue ouvert et constructif, précise Lorenzi. Par nature, nos dîners sont très amicaux. Nous ne sommes pas des personnages grossiers. Quand on reçoit un invité, on
respecte ses idées. Et considérer Ségolène Royal comme une idiote, c'est injurier 17 millions de Français qui ont voté pour elle."
Contacté par Le Point , Étienne Mougeotte, le patron de la rédaction du Figaro , n'était pas disponible ce matin. Nous attendons ses explications.
Emmanuel Berretta
http://www.lepoint.fr/actualites-medias/affaire-royal-le-figaro-desavoue-par-le-cercle-des-economistes/1253/0/246743
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