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L'appétit printanier des ménages a fait long feu. Non seulement leur consommation en produits manufacturés a régressé de 0,4 % en juin, selon les
chiffres publiés hier par l'Insee, mais l'excellente performance de mai a de plus été révisée à la baisse, à + 1,7 %, contre + 2 % précédemment.
Conséquence : les dépenses des ménages en produits manufacturés, qui représentent un quart de leur consommation, ont fait du surplace sur tout le deuxième trimestre, après avoir stagné (+ 0,1 %) au premier. « Le chiffre en glissement annuel est retombé à 1 %, soit la plus faible augmentation depuis août 2003 », souligne ainsi Alexander Law, économiste au Xerfi.
Cette évolution donne le ton pour la consommation totale, qui inclut aussi l'alimentation, l'énergie et les services.
Dans la lignée du premier trimestre, l'Insee l'anticipe en stagnation aux deuxième et troisième trimestres (+ 0,1 %), soit une année 2008 quasiment
blanche.
La tendance tranche avec les hausses de 2,5 % de 2006 et 2007 et conforte, selon BNP Paribas, la prévision de croissance de 0,2 % au deuxième
trimestre, identique à celle de l'Insee.
Les causes de ce coup de frein sont bien connues : l'inflation qui touche le pétrole et les matières premières alimentaires oblige les ménages à opérer des choix de consommation, donc à repousser, voire sacrifier, certaines dépenses plus accessoires. Composante la plus volatile de l'indice, l'automobile a reculé de 3,8 % en juin.
Les autres biens manufacturés ont en revanche légèrement progressé le mois dernier.
Le lancement des soldes fin juin a sans doute profité au textile (+ 0,6 %), sans pour autant inverser la tendance sur un an (- 0,6 %). Plus
surprenant : le petit rebond des ventes de biens d'équipement du logement (+ 0,8 %), après une décrue de 0,3 % en mai, alors que le marché immobilier ralentit.
Mathieu Kaiser, économiste chez BNP Paribas, souligne toutefois qu'en glissement annuel, la tendance a « continué de se modérer » (+ 2,9
%), tandis qu'Alexander Law explique ce sursaut par la modération de l'inflation sur ce type de produits.
Ce dernier s'inquiète désormais de « la reconstitution d'une épargne de précaution abondante », au détriment de la consommation.
Le relèvement du taux du Livret A, à 4 %, le 1er août pourrait y contribuer. Encore faut-il que les ménages aient une capacité d'épargne...





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