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Le Parti socialiste, qui accuse le chef de l’Etat de « répondre à l’angoisse sociale par la diminution des libertés », organisait hier
un rassemblement au Zénith de Paris, présenté comme l’apogée d’une vaste campagne lancée en janvier pour dénoncer ces « atteintes ».
Deux semaines après avoir publié son « Livre noir des libertés publiques », Solferino rêvait d’un rendez-vous ouvert aux associations
et syndicats, et avait convié à ses tables rondes les responsables du Réseau éducation sans frontières (RESF), de la Ligue des droits de l’homme ou du Syndicat de la
magistrature.
La manifestation se voulait également festive, avec des concerts de Sanseverino, du rappeur lillois Axiom ou de
Clarika.
Mais la salle, configurée pour 2.500 personnes, n’a été remplie qu’à moitié au plus fort de ce Printemps des libertés.
La « fra-ter-ni-té », scandée par Ségolène Royal en septembre lors d’une fête organisée au même endroit, avait enthousiasmé plus de 4.000 supporteurs de l’ex-candidate à la présidentielle. L’égalité, ou à tout le moins la justice sociale, a poussé des milliers de socialistes à rejoindre les cortèges de manifestants jeudi dernier, en plus grand nombre encore que le 29 janvier. La question des libertés, elle, n’a pas rassemblé.
Le parallèle entre les deux « Zénith » se révèle donc cruel pour la première secrétaire. « C’est plus un forum de débat qu’un
rassemblement populaire et festif », n’a pu s’empêcher de comparer le royaliste David Assouline. Pour Delphine Batho, porte-parole de Ségolène Royal, la désaffection des militants « est la
démonstration qu’il faut changer le fonctionnement de l’appareil, avec les adhésions à 20 euros, avec des campagnes de mobilisation ».
La direction du parti s’est, elle, efforcée de minimiser ce rendez-vous manqué.
« On n’est pas là pour faire la fête, c’est un colloque », a tenté de justifier Claude Bartolone. Selon lui, alors que Ségolène Royal use d’une communication « autocentrée », le PS doit « habituer les militants à travailler sur le fond ». « Ce qui serait inquiétant, ce serait de rester un parti électoral, qu’on ne voit qu’au moment des élections », a-t-il ajouté. Mais le bras droit de Martine Aubry, François Lamy, reconnaissait toutefois que « la reconstruction prend du temps » et que le PS en était encore à « tester » ses « outils ». « Ce n’est pas si mal pour un parti qui reprend l’habitude de travailler », s’est consolée Martine Aubry dans son discours de clôture.
A ceux qui, comme Manuel Valls, ont estimé que parler des libertés en période de crise était hors sujet, et que le PS, omettant les questions de sécurité, cherchait « encore le cap entre le gauchisme infantile et l’antisarkozysme obsessionnel », la première secrétaire du PS a répliqué que libertés et crise étaient deux sujets « intimement liés ».
« Ceux qui nous disent ça sont ceux qui disaient “vous êtes trop durs avec Nicolas Sarkozy” lorsque la loi Tepa (travail, emploi, pouvoir d’achat) a été votée », a-t-elle rappelé. « Des centaines de milliers de personnes sont derrière nous qui pensent que ce n’est pas parce que la France va mal qu’on doit nous faire le coup de la sécurité », a-t-elle estimé.Source : France-Soir.
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