Le débat sur le travail du dimanche refait surface mardi 7 juillet à partir de 9h30 à l'Assemblée nationale réunie en session extraordinaire, mais dans une version édulcorée par rapport à celle présentée en décembre dernier. Nicolas Sarkozy a mis les pieds dans le plat en s'interrogeant la semaine dernière: "Est-ce qu'il est normal que le dimanche, quand Mme Obama veut avec ses filles visiter les magasins parisiens, je dois passer un coup de téléphone pour les faire ouvrir ?", profitant de cette anecdote pour remettre au goût du jour une promesse de campagne.


Une 4e version du texte

L'extension du travail dominical avait provoqué fin 2008 un tollé au sein de la gauche, des syndicats et des églises, et aussi de députés de la majorité. Malgré un compromis arraché à l'Elysée, la fronde menée par les opposants, notamment à droite, avait conduit à une interruption de la discussion, à peine entamée, puis à son report sine die.
L'Assemblée planche donc sur la nouvelle mouture du texte -la quatrième- de l'UMP Richard Mallié, présentée comme une version allégée. Ce projet de loi légalise notamment les dérogations existantes, étendues à quelque 500 communes touristiques, sans pour autant généraliser le travail dominical.
Pour ne pas rouvrir la polémique, la majorité a renoncé à faire passer de 5 à 8 le nombre de dimanche pouvant être travaillés ailleurs. Et pour rassurer les commerces de détail alimentaires qui pourront être ouvert jusqu'à 13 heures au lieu de midi ce jour-là, les grandes surfaces alimentaires sont exclues. Des garde-fous visent également à protéger les salariés: accord préalable entre partenaires sociaux, jour de repos compensateur et salaire double.


Contre-offensive du PS

Avant même l'ouverture des festivités au Parlement, le texte a été l'occasion d'échanges assez vifs entre la majorité et l'opposition. Le président du groupe PS, Jean-Marc Ayrault, a interpellé ses collègues à l'Assemblée et a adressé une lettre à tous les députés pour les mettre en garde contre un travail dominical qui sera "de plein droit dans toutes les communes touristiques qui le réclament et dans tous les commerces de cette commune". Près de 6.000 communes sont concernées", sans contreparties pour les salariés: "ni salaire double, ni repos compensateur, ni volontariat", a-t-il affirmé. Le PS a indiqué vouloir s'opposer "avec force" au travail du dimanche, qui constitue à ses yeux un "recul social extrêmement préoccupant pour les droits des salariés", le qualifiant de "tromperie organisée". "En réponse à la grave crise économique qui sévit actuellement, la droite a comme seule réponse des reculs sans précédent sur le droit du travail", juge la rue de Solférino pour qui "derrière la communication, la vérité du texte présenté est la généralisation du travail dominical dans le commerce".


Au sein même de la majorité, la tension est palpable. Certains se sont émus que la nouvelle version du texte n'ouvre à nouveau la boîte de Pandore qui avait conduit au retrait précipité du texte à la mi-décembre. Certains craignent également une "généralisation du travail dominical". Preuve du trouble à l'UMP, une réunion de dernière minute a eu lieu mardi dernier pour mieux "border le texte".

 

Source : Challenges.