Partager l'article ! PS : "Martine fait du sous-Ségolène" ou "La direction fait du Ségolène sans Royal".: Le traumatisme, évidemment, et toujour ...
Le traumatisme, évidemment, et toujours présent. Les dirigeants socialistes (à commencer par Martine Aubry) disent presque systématiquement «
congrès de Rennes » à la place de congrès de Reims. N’était ce lapsus, il semble pourtant que la page de la bataille de la Marne de novembre 2008 ait été tournée. Au plan politique,
s’entend. La majorité qui soutenait Martine Aubry, en effet, est en apesanteur. Les deux slogans qui assuraient son ciment face à Ségolène Royal - « non aux alliances avec le MoDem » et
« oui au parti de militants, non au parti de supporteurs » - ont largement perdu de leur sens. A certains égards, la majorité Aubryste d’origine a viré sa cuti.
L’alliance avec le MoDem. Ce clivage a largement perdu de son acuité. D’abord parce que le parti de François Bayrou
est redescendu assez brutalement de son piédestal après les élections européennes. Ensuite parce que le premier problème du PS, désormais, ce sont les Verts. Depuis les 16,4% aux européennes, la
direction du parti n’est d’ailleurs plus en mesure d’imposer grand’chose à ses élus. Jean-Jacques Queyranne, qui envisage de passer une alliance dés le premier tour avec le MoDem de Rhône-Alpes
issu d’un récent schisme avec les centristes pro-Sarkozy, ne sera pas excommunié. Si jamais un accord général peut être conclu avec le MoDem – dont le dernier conseil national s’est prononcé
contre les alliances à géométrie variable selon les régions – il ne fait pas de doute que nombreux seront les socialistes qui avaient soutenu Martine Aubry (elle-même MoDemocompatiblei sur ses
terres lilloises) à témoigner de leur vif intérêt.
Le parti de militants. Le brain-storming de Marcoussis, mardi 7 juillet, aura vu culminer le discours sur la nécessité
« d’ouvrir le PS ». Martine Aubry ne manque pas une occasion d’assurer qu’il est devenu indispensable « d’associer les Français » au projet socialiste qui « ne pourra être
conçu en vase clos ». Son idée ; un « Tour de France du projet » pour confronter et enrichir les idées du PS au contact des acteurs locaux. Quant à Christian Paul, président du
Laboratoire des idées et nouvelle tête pensante du parti, il ne jure que par « les innovateurs du quotidien ». Cette brusque conversion à tout ce qui peut ressembler à une hardie
ouverture à la « vraie vie » - pas question pour autant de chevaucher le destrier de la démocratie participative – nous éloigne singulièrement de la vulgate jospinienne du « parti de
militants » défendue comme un étendard sur le champ de bataille de Reims. Au reste, parmi les plus virulents adversaires des primaires ouvertes – une sorte d’Antechrist aux yeux des tenants
de la conception classique du parti - personne (pas même François Hollande, Harlem Désir ou Martine Aubry) n’ose affirmer ouvertement qu’il y est opposé. Et une bonne partie des Aubrystes de la
première heure (strauss-kahniens, montebourgeois…) y sont favorables. Même Bertrand Delanoë n’y est plus allergique. Bref, le concept honni du « parti de supporteurs » est en train de
s’imposer.
Forcément,
parmi les partisans de Ségolène Royal – qui, comme Bertrand Delanoë, voit ses actions remonter au PS alors qu’elle reste coite – on boit du petit lait. « Martine fait du
sous-Ségolène » murmure un cacique. « La direction fait du Ségolène sans Royal » ajoute un autre. Chaque matin, lorsqu’elle se réveille, l’ancienne candidate doit probablement se
féliciter d’avoir été battue sur le fil par sa nouvelle amie, Martine Aubry… Lorsqu’on lui en fait la remarque, Ségolène Royal proteste du contraire. « Moi, j’aurais fait quelque chose du
parti, je l’aurais réveillé, transformé » assure-t-elle. En attendant, l’ex-candidate à l’élection présidentielle peut se consacrer à sa campagne en Poitou-Charentes. « La star
socialiste des régionales, assure Pascal Terrasse, député et président du conseil général de l’Ardèche, ce sera elle ». Quitte à triompher au milieu du champ de ruines du PS
?
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