Partager l'article ! Aubry-Valls, le nouveau bras de fer.: Martine Aubry demande à Manuel Valls d'arrêter de critiquer le Paris soc ...
Martine Aubry demande à Manuel Valls d'arrêter de critiquer le Paris socialiste... ou de le quitter
© Photos de Patrick Bernard et Etienne de Malglaive /ABACAPRESS.COM
Sans surprise, Manuel Valls adresse à Martine Aubry une fin de non-recevoir. "J'entends bien rester fidèle à mon poste, à ma famille politique et à mes
valeurs", écrit-il mercredi à la première secrétaire du PS.
Il répond là à un courrier que lui a adressé la maire de Lille mardi soir, publié par Le Parisien . Elle lui demande, en substance, de se taire ou de
quitter le parti. "Tu donnes l'impression d'attendre, voire d'espérer la fin du Parti socialiste", constate-t-elle. "Mon cher Manuel, s'il s'agit pour toi de tirer la sonnette d'alarme (...)
alors, tu dois cesser ces propos publics et apporter en notre sein tes idées et ton engagement. Si les propos que tu exprimes reflètent profondément ta pensée, alors, tu dois en tirer
pleinement les conséquences et quitter le Parti socialiste."
Certes, Manuel Valls défend des positions iconoclastes, à commencer par sa féroce volonté de changer le nom du parti pour abandonner le terme "socialiste". Il fustige régulièrement
"l'antisarkozysme primaire" de ses camarades. Il n'hésite pas à se prononcer en faveur de certains projets gouvernementaux, de la réforme des institutions en juillet 2008 au projet de loi
contre les bandes à l'examen au Parlement. Il martèle la nécessité de s'allier avec les centristes et les Verts au sein d'un grand "parti de gauche et démocrate".
"Quel est ce parti qui ressemble à la RDA ?" (Montebourg)
Mais est-ce bien raisonnable de le condamner au silence, d'autant qu'il n'est pas le seul à s'opposer à la direction en place ? Il suffit d'écouter Arnaud Montebourg. Le député de
Saône-et-Loire en charge de la rénovation au PS n'a pas de mots assez durs pour qualifier l'attitude de l'équipe dirigeante qui esquive le débat sur les primaires ouvertes qu'il défend
ardemment. "Je lui avais dit (à Martine Aubry, NDLR) que je ne serais pas là pour faire des cocottes en papier. Or, le compte n'y est pas", explique-t-il. "Pourquoi ne peut-on pas en débattre ? Quel est ce parti qui
ressemble à la RDA ?" Et de raconter qu'il se sent "un peu comme les chrétiens des catacombes, poursuivis par les légions romaines"...
Ces propos ne sont pas moins dommageables pour le PS que ceux de Manuel Valls. Sans compter que si ce dernier a bel et bien lancé son club et s'est déjà déclaré candidat à la présidentielle
2012, il n'est pas le seul à s'organiser. Pierre Moscovici, Vincent Peillon, François Hollande et consorts ne font pas autre chose. Alors, Valls serait-il sacrifié pour l'exemple ? Claude
Bartolone, bras droit de Martine Aubry, réfute : "Manuel Valls est tout de même le seul à souhaiter la disparition du PS", explique-t-il au point.fr. Mais, considérant que l'insolent n'a pas
l'intention de se taire et que Martine Aubry s'est beaucoup avancée dans son courrier - "Je ne peux (...) accepter qu'il soit porté atteinte au travail que nous avons le devoir de réaliser" -,
la prochaine étape est-elle le renvoi du député-maire d'Évry ? "Il existe une instance de justice interne, qui est la commission de règlement des conflits", répond Claude Bartolone, tout en
avouant qu'il ne sait pas "les suites qu'Aubry va donner à cette affaire".
Manuel Valls est en tout cas prêt à affronter le courroux de la patronne des socialistes : "Quel que soit le prix à payer, je ne me ferai pas le silencieux complice de l'aveuglement." Une
preuve, s'il en fallait : dans sa réponse à Aubry - qui lui offre là, de fait, une bien belle tribune -, Valls raille l'échec de l'appel lancé par la maire de Lille aux autres partis de gauche
suite à la débâcle des européennes. Elle voulait inviter les Verts, les communistes et le Parti de gauche dans une "maison commune", au moins pour les régionales, ils ont tous décliné
.
"L'urgence était donc telle qu'il ait fallu reprendre la plume pour masquer le cuisant échec d'une récente initiative épistolaire à l'attention des autres partis
de gauche ?", demande Valls, avant de s'étonner qu'Aubry n'évoque pas dans son courrier le résultat des européennes. "Pourquoi un tel déni ? Faut-il que le désaveu ait été si cruel pour
justifier un tel refoulement ?"
Effectivement, il ne semble pas pressé de se taire...
Source : Le Point.
Sur le Post, j’ai trouvé un dessin qui exprime un peu mon sentiment concernant Emmanuel Valls depuis près de 6 mois. Beaucoup de gesticulation au risque de vouloir systématiquement vouloir maintenir les divisions au sein du PS et empêcher la serénité qui permet le travail de fond.
J’aime beaucoup Valls, mais je trouve qu’il faut choisir entre ministre d’ouverture et candidat au primaires du PS.
Vous trouverez cette image sur le post de chimulus
http://www.lepost.fr/article/2009/07/15/1620903_valls-attend-un-portefeuille.html