Partager l'article ! Remboursement d'aides : tollé chez les producteurs !: Des producteurs de fruits des Pyrénées-Orie ...

Des producteurs de fruits des Pyrénées-Orientales, du Gard et du Vaucluse, distribuent des pêches aux automobilistes au péage de l'autoroute A9 contre les distributeurs qui n'achètent pas de fruits et légumes français.
«S'il y a une urgence, c'est bien d'aider les producteurs qui traversent une nouvelle crise catastrophique», s'est insurgé Jean-Michel Lemétayer, président de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), majoritaire chez les agriculteurs. Moins 28% pour les abricots, -13% pour les melons, -14% pour les pêches... Une tendance valable depuis le début de la saison.
«L'argent n'a pas été dans la poche des producteurs»
Réclamer de l'argent aux producteurs n'a pas de sens, d'après Bruno Dupont, président de la Fédération nationale des producteurs de fruits (FNPFruits), branche spécialisée de la FNSEA. Selon lui, ces aides ont servi à des «plans de campagne», autrement dit des programmes destinés à améliorer le dynamisme des filières de fruits et légumes. «Il n'y a jamais eu de soutien ciblé au producteur mais toujours sur des investissements collectifs», a-t-il ajouté, précisant que ces aides ont été gérées au niveau des comités économiques (ou comités de bassin dans le jargon agricole, ndlr), ces organisations qui rassemblent les producteurs.
«L'argent n'a pas été dans la poche des producteurs de fruits et légumes», a renchéri de son côté Angélique Delahaye, présidente de la FNPLégumes, autre branche de la FNSEA.
Bové : un appel à la désobéissance
Pour José Bové élu européen d'Europe-Ecologie pour le Sud-Ouest, «il est clair que les agriculteurs ne doivent pas rembourser. S'ils recevaient une lettre leur disant vous devez rembourser, moi je les incite à refuser et à désobéir, parce que c'est injuste, c'est amoral et que c'est quelque chose qui est complètement contraire à la situation actuelle (de crise, ndlr) que vivent les paysans.»
Interrogé sur RTL sur le fait de savoir qui devait rembourser, José Bové a répondu qu'il estimait que c'était «à l'Etat d'assumer ses responsabilités». «A partir du moment où l'Etat s'est engagé au niveau européen et que (c'est lui qui) a mis en place ces aides, il savait très bien ce qu'il faisait, puisque déjà l'Europe l'avait informé que théoriquement il n'en avait pas le droit», a-t-il expliqué.
L'autre leader d'Europe-Ecologie Daniel Cohn-Bendit (Verts) estime qu'il faut réformer la PAC, injuste selon lui.
Jean Glavany : «Bruxelles connaissait l'existence de ces aides»
«Personne ne remboursera ces subventions. Nous n'en avons pas les moyens, sauf à saigner et faire disparaître les deux tiers de la filière», a renchéri François Lafitte, président de la Fédération des comités économiques (Fédécom) qui représente les organisations professionnelles de producteurs ayant touché ces aides.Il promet d'ailleurs «un été brûlant». Comme le gouvernement, la Fédécom conteste le montant réclamé par Bruxelles et a déposé en juin un recours devant la cour de justice.
François Lafitte reproche aussi à l'Etat de s'être mis dans une «situation illégale» en ayant omis de notifier ces aides à la Commission, une «omission» qui «se retourne contre l'Etat, mais aussi contre les producteurs qui ne sont pas responsables». Selon lui, Bruxelles «était tout à fait au courant du mécanisme français» et a laissé faire «pour ne pas mettre le feu aux campagnes», alors que la filière se réduit comme peau de chagrin depuis plusieurs dizaines d'années.
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