Partager l'article ! Le tour de France de M. Aubry démarrera chez Ségolène Royal.: Pourquoi Martine Aubry a choisi Angoulême ? Cela ne serai ...

Cela ne serait qu'un hasard du calendrier... Pourtant, beaucoup y ont vu un signe. Le mardi 22 septembre, Ségolène Royal soufflera 56 bougies. Le même jour, Martine Aubry débutera un tour de France militant à Angoulême, fief de la dame de Poitou-Charentes, dont le nom avait réuni 18 983 138 bulletins un dimanche de mai 2007.
Au Parti socialiste, où les trêves ne durent que ce durent les roses, la coïncidence fait sourire. Ouvrir le chantier de la rénovation chez Mme Royal, qui plus est le jour de son anniversaire : provocation ou clin d'oeil taquin ?
« Alors là, pas du tout ! C'est un hasard, répond Pouria Amirshahi, le patron du PS en Charente, qui n'est pas étranger au choix d'Angoulême.
Celui qui a ses entrées rue de Solférino (où il occupe les fonctions de secrétaire national aux Droits de l'homme) et se targue d'une certaine « relation de confiance » avec la première secrétaire du parti poursuit : « Nous ne voulions pas d'une grande ville comme Paris, Marseille ou Toulouse. Nous souhaitions entamer ce tour de France dans une ville moyenne. Cela a été décidé à la fin du mois de juillet et nous avions pensé à Angers, à Montélimar et à Alençon. Finalement, le choix s'est porté sur Angoulême. Et ce n'est qu'après que nous avons pensé au Poitou-Charentes et à Ségolène. C'est d'ailleurs moi qui l'ai appelée pour le lui dire. »
Tables rondes et forum
Soit. Oublions les interprétations et intéressons-nous à ce tour de France d'une dizaine de dates, qui s'arrêtera également dans le Gers. En premier lieu, Pouria Amirshahi invite les militants, les sympathisants « et tous les autres » à relire la conclusion du discours de Martine Aubry à l'université d'été de La Rochelle. La première secrétaire déclarait alors : « Le Parti socialiste, premier parti d'opposition, doit être utile à 100 % aux Français, en combattant les régressions sociales [...] et en préparant un grand projet de la gauche en 2012. Ce projet ne s'écrit plus à huis clos. J'engagerai dans quelques jours avec beaucoup d'entre vous un Tour de France à la rencontre et à l'écoute des Français, pour débattre de la société dans laquelle nous voulons vivre, du mieux-être que nous voulons construire [...]. Le travail est immense mais vous êtes là, fiers de ce que nous sommes et enthousiastes à ramener l'espérance ».
L'idée est donc simple : prendre le pouls d'une « France que nous aimons et qui n'a pas souvent la parole », dit Pouria Amirshahi. La méthode est classique. Elle fut expérimentée par un certain Jacques Chirac en 1994, à une période où l'on ne parlait pas encore de démocratie participative. Lors de chaque étape, deux ou trois tables rondes thématiques seront organisées l'après-midi, en comité restreint, loin des caméras. À Angoulême, on parlera d'éducation, de culture, d'emploi et d'industrie. Puis, le soir, un forum sera ouvert à environ 300 personnes. Ici, en Charente, il se déroulera à La Couronne, à Soyaux ou à Champniers. La salle n'est pas encore réservée.
« On peut toujours tenir des conclaves et construire de belles analyses ; mais ces arguments s'écroulent si on ne se frotte pas aux Français, dans un dialogue direct et assumé. En d'autres temps, on aurait dit, le PS va écouter ce que le peuple a à lui dire. J'aime bien cette formule, même si la phraséologie est démodée. Ce n'est pas une posture, ce n'est pas du marketing, c'est la moindre des politesses après avoir perdu tant d'élections », conclut Pouria Amirshahi.
Source : Sud-Ouest.
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