Partager l'article ! Le malaise des « débadgés » de Roissy: Habib y perd son latin. Employé à l'aéroport de Roissy, il s'était vu retirer s ...
Habib y perd son latin. Employé à l'aéroport de Roissy, il s'était vu retirer son badge il y a quelques mois, comme soixante et onze autres salariés musulmans, suspectés de liens avec des mouvements terroristes.
Certains employés, offusqués de cette décision jugée « sans fondement », avaient fait appel aux syndicats, et entrepris une action en justice.
Quatre seulement avaient obtenu gain de cause immédiatement.
Les autres attendaient chez eux, sans emploi. « Les employeurs nous fuient », témoigne Habib. Et puis soudain, en fin de semaine dernière, le préfet Jean-François Cordet annonce qu'il revient sur les retraits de badges qu'il avait lui-même prononcés.
« C'est aberrant, poursuit Habib, ex-employé chez Chronopost. Je suis père de deux enfants, en galère, j'ai perdu ma dignité, j'ai pensé à me suicider et maintenant ils reviennent en arrière subitement, au lendemain des élections. »
Eric Moutet, avocat de la CFDT, ne comprend pas non plus pourquoi cette décision survient maintenant. « Ils savaient depuis le début qu'ils allaient perdre en raison d'un vice de forme. »
De plus, la préfecture refuse de préciser combien des soixante-douze salariés sont concernés par ce revirement. Et surtout, elle prévient que ces employés seront soumis à un nouvel examen de dossier pour obtenir un nouveau badge. Autrement dit, ne plus avoir perdu son badge ne signifie pas le récupérer...
©2007 20 minutes
Commentaires