Vendredi 5 mars 2010
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14:00
Émile Brégeon © LA NOUVELLE REPUBLIQUE / DANIELLE LABORDE
À l'approche du premier tour des régionales organisé le 14 mars, lepoint.fr emboîte le pas à des novices de la politique. Aujourd' hui, Émile Brégeon, candidat PS dans les
Deux-Sèvres, nous raconte sa première campagne.
Pour l'opinion, il n'est que l'un des deux syndicalistes que Ségolène Royal a rallié à sa cause pour les régionales 2010 . Mais lorsque la discussion s'engage, on comprend rapidement qu'Émile
Brégeon ne s'en laisse pas compter. "Tout se passe bien, mais je ne fais pas de tractage. C'est trop théâtral, uniquement bon pour l'image. Je ne fais que des réunions publiques parce qu'il vaut
mieux être autour d'une table pour expliquer le fond des choses aux gens", raconte celui qui est permanent à la section CFDT de Heuliez après avoir été tolier-formeur pendant quinze ans.
Il est 9 heures du matin, jeudi, le voilà, en voiture, sur les routes de Poitou-Charentes. Un peu, dans son habit de candidat, numéro six sur la liste PS dans les Deux-Sèvres. Beaucoup, dans son
costume de représentant CFDT de Heuliez. C'est précisément pour témoigner à la présidente socialiste sortante sa "reconnaissance" de s'être impliquée dans le dossier du sauvetage du constructeur
automobile qu'il a accepté de se lancer dans l'aventure.
Loin des embrouilles du PS
Il admet que "Jean-Pierre Raffarin, sénateur UMP de la Vienne, a joué un vrai rôle, a attiré l'attention de l'État sur le danger que courait Heuliez", et que "le ministre Christian Estrosi est plus
impliqué que son prédécesseur à l'Industrie Luc Chatel". Mais il l'affirme : "La région nous a toujours soutenus et ce n'est pas pour l'image." Il attribue à Ségolène Royal "une vraie volonté de
dépasser les barrières." "Si on s'arrête à la loi, on n'avance pas. Elle aurait très bien pu dire : ce dossier n'est pas de ma compétence, je ne peux pas aller plus loin . Au lieu de ça,
elle avance." Et investit 5 millions d'euros de la région dans une partie pourtant loin d'être gagnée .
Émile Brégeon admire, s'engage. Mais attention, le sauvetage d'Heuliez, "sa vie" - il y est entré à 22 ans et en a aujourd'hui 42 - est "sa priorité numéro 1". Pas question de papoter politique
politicienne, embrouilles au PS ou avenir potentiellement présidentiel de Ségolène Royal. "Si je vous réponds, c'est en tant que citoyen. Mais mes propos seront attribués au candidat et certains
trouveront toujours le moyen de les récupérer." Ou l'art de déjouer les pièges en assénant des évidences.
Rodé par les déboires
N'est-ce finalement pas trop compliqué de combiner syndicalisme et politique ? "Un jour, ça m'a fait tilt", lâche-t-il. "Le syndicalisme ne tombe pas du ciel. Des hommes et des femmes avancent pour
faire bouger les choses. Ils sont au service des salariés. J'ai transposé cette idée au niveau de la région, de l'État. Et réalisé qu'en fait, c'est la même chose, l'élu représente le citoyen."
Aucun problème, donc. "Pour faire court, je suis passionné autant par l'un que par l'autre", assure-t-il, entendre que le syndicalisme et la politique vont de pair chez ce père de deux enfants à
qui il apprend que le droit de vote est si précieux. "Je n'oublie pas que des gens sont morts pour l'obtenir."
Brégeon assure par ailleurs ne pas avoir eu de surprise en se lançant en politique. S'exprimer en public, il connaît. Quant aux médias, il les fréquente depuis que les déboires de son entreprise
font l'ouverture des JT. Il n'a pas changé son mode d'expression, mais simplement appris à composer. Et du côté de l'aventure humaine ? "Bien sûr que je pourrais un jour être déçu, découvrir que
untel ou untel ment. Mais ce n'est pas une affaire de politique. On parle là de mauvaises surprises, d'espoirs déçus, de gens qui peuvent un jour retourner leur veste. Cela peut arriver dans la
vie, en famille, dans n'importe quel rapport entre hommes et femmes, non ?"
Source :
Le Point.
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