Partager l'article ! Régionales - Ségolène Royal veut "tirer le débat vers le haut" et met certaines choses au point.: REGIONAL ...
C'était hier la dernière session de la mandature au Conseil régional de Poitou-Charentes. Juste avant ce rendez-vous, Ségolène Royal s'est prêtée au jeu des questions-réponses avec la presse. L'occasion d'évoquer les grandes lignes du bilan ainsi que les ultimes décisions, toutes consacrées à la mutation écologique, autant d'actions répondant au credo de « la croissance verte, de l'excellence environnementale et de l'emploi », les expressions favorites de la présidente depuis six ans.
« Service commandé »
Reste que, très vite, en ces temps de campagne électorale, la conversation a quitté l'univers des dossiers et des réalisations pour celui de la politique. Et à l'évidence, hier, Ségolène Royal, qui ne cesse de répéter vouloir « tirer le débat vers le haut et éviter les polémiques », avait décidé de mettre certaines choses au point.
Elle a commencé par celui qui se définit comme son « humble challenger » et qui, mercredi soir, s'est pris les pieds dans le tapis sur Europe 1, Dominique Bussereau comparant les centristes attendus sur les listes Royal à des « harkis ».
Qu'il se soit platement excusé n'a rien changé à la colère de la présidente sortante. « C'était presque prévisible. Il m'a traitée de vautour, de menteuse. Parlé de gamelle à propos des gens du Modem qui ont décidé de me rejoindre. Maintenant, les harkis. Voilà qui prouve qu'il n'y a plus de code. M. Bussereau est en service commandé. Il se présente à contrecoeur, obligé par Sarkozy. La ligne, c'est taper, insulter, salir. Je pense que c'est une stratégie : il cherche à provoquer pour que je réagisse, cela pollue, dégrade le débat, risque de dégoûter les gens et favoriser l'abstention. Après, que dire aux jeunes sur ce manque de respect ? Au bout du compte, c'est la République qui prend les coups. »
A suivi dans le collimateur le préfet de région, Bernard Tomasini, ancien élu RPR, avec lequel les rapports sont pour le moins tendus. « Il est antirépublicain. Ses prises de position rappellent lorsqu'il était en service sous Pasqua. Il doit se tromper d'époque. »
Et pour finir, les socialistes qui ne sont pas d'accord avec sa stratégie d'ouverture aux centristes et qui le disent dans une lettre ouverte. « Cela sent le règlement de compte d'après congrès. On me reproche de ne pas faire d'alliance à gauche. C'est par là que j'ai commencé. Nos partenaires ont pensé qu'il fallait qu'ils se comptent... Je n'ai eu aucune négociation avec le Modem. J'accueille des personnalités individuelles, des centristes humanistes qui se reconnaissent plus dans l'action que je mène que dans la droite de Sarkozy. Parmi les signataires de cette pétition, il y a beaucoup d'adhérents de la motion Hamon. Les régionales ne sont pas l'enjeu d'un congrès du PS ! Il ne faut pas se tromper d'échéance. Moi, je travaille pour ma région, je veux en faire la première région écologique d'Europe, un modèle alternatif à l'économie libérale. »
Amabilités
Et de passer, dans la foulée, aux travaux pratiques avec l'adoption de six mesures mariant solidarité et croissance verte. Comme par exemple les premiers plans solaires territoriaux, ou encore le lancement de l'appel à projet d'écoquartiers ou d'écovillages, avec des aménagements collectifs d'énergie renouvelable (éolienne, chaufferies bois...).
En prévision également, l'installation, à Melle, sur le site de l'usine Rhodia, d'une unité pilote d'écocarburants ainsi que la
naissance d'une « nouvelle fabrique écologique » - centrale solaire et pôle de formation aux métiers de l'environnement - sur le site de l'entreprise défunte New Fabris à
Châtellerault.
Cette dernière session a ensuite pris un tour de cérémonies des adieux avec maintes interventions dont celle, persifleuse et critique sur le bilan, mais très chaleureuse au plan humain, du leader de l'opposition, Henri de Richemont longtemps pressenti pour être l'adversaire de Mme Royal, avant que M. Bussereau ne soit imposé par l'Élysée.
« J'ai la chance de représenter le parti du mouvement, celui qui a envie de prendre votre place. Et vous, vous êtes la conservatrice
puisque vous voulez la garder » a-t-il conclu en souriant.
Ségolène Royal a répondu sur le même ton... en faisant une allusion à M. Bussereau, souhaitant qu'il s'inspire de la « politesse et de la correction » de son ami Richemont.
Source : Sud-Ouest.
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