Partager l'article ! Ségolène Royal veut rendre la contraception plus accessible aux mineures: Luc Chatel s'y oppose, Ségolène Royal ...

Pour le ministre de l'éducation, ce serait "se substituer au Planning familial, seul autorisé à prescrire des contraceptifs à un enfant mineur". "Nous avons affaire à des élèves mineures. L'autorité parentale est quelque chose qui compte", a déclaré M. Chatel, qui rappelle que "dans chaque lycée existe un conseil d'éducation à la santé et à la citoyenneté qui, avec [les] personnels de santé de l'éducation nationale, apporte des conseils aux élèves en matière de sexualité".
LES PLANNINGS DIFFICILEMENT ACCESSIBLES EN ZONE RURALE
Pour la socialiste, il n'y a pas contradiction avec la mission du Planning familial puisque le dispositif est mis en place pour "lutter contre les grossesses précoces des filles mineures". Mme Royal a rappelé que c'est elle qui, alors ministre déléguée à l'enseignement scolaire, avait "autorisé les infirmières scolaires" à distribuer la pilule du lendemain. Pour l'année scolaire 2001, quand la contraception d'urgence faisait son apparition dans les infirmeries scolaires, un peu plus de quinze mille jeunes filles scolarisées l'avaient demandée, selon des chiffres du gouvernement. Aucune statistique plus récente et vérifiable n'est disponible.
"C'est encore mieux de prévenir", conclut Mme Royal. "Il est dommage que Luc Chatel ignore que l'éducation nationale a déjà comme mission de venir au secours de la détresse des élèves", accuse-t-elle, évoquant "la détresse sociale que représentent en France 6 000 grossesses précoces, dont 500 en Poitou-Charentes".
Elle fait valoir que l'initiative, "adoptée à l'unanimité des conseillers généraux, a bien sûr été mise en place en coordination
avec le Planning familial, qui est souvent très éloigné des lycées ruraux".
C'est précisément ce que souligne une infirmière scolaire de l'est de la France, jointe par Le Monde.fr, qui travaille dans deux collèges ruraux. Selon elle, il est parfois difficile à des jeunes filles de moins de 15 ans de se rendre dans un centre de planification situé à plusieurs kilomètres, sans que les parents le sachent. "Avec ce système, si des conventions étaient signées, on pourrait imaginer qu'elles aillent chez un médecin du village, au moins pour faire renouveler leur ordonnance de pilule", explique-t-elle.
Source : Le Monde.
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