

Julien Dray, vice-président sortant de l'Ile-de-France,
le 9 septembre au Grand Journal de Canal+ (© AFP Lionel Bonaventure)
Le cas Dray délicat à régler pour Solférino. Ecarté la semaine dernière, par la fédération PS de l’Essonne, de la liste départementale pour les régionales de mars - avec une possible réintégration en cas d’embellie judiciaire -, le député PS, visé par une enquête préliminaire sur des mouvements de fonds suspects à partir de comptes des Parrains de SOS Racisme et de la Fidl, a prévenu, dimanche, que son parti n’en avait pas encore fini avec lui et compte bien maintenir sa candidature. Et la liste de ses soutiens s’est encore allongé ce week-end avec, notamment, l’appui de Ségolène Royal.
Elu en 2004 vice-président de la région Ile-de-France, Julien Dray a accusé la direction du PS d’avoir «foulé aux pieds» des «valeurs fondamentales de la République», comme la présomption d’innocence et de «valider le fait que n’importe qui, demain, pourra être mis hors jeu par une campagne de déstabilisation médiatique». Il reproche, sur son blog, aussi aux dirigeants socialistes d’avoir réclamé sa mise à l’écart pour lui faire «payer un certain nombre de faits politiques» qu’ils ne lui ont «jamais pardonnés».
«Je ne demande à personne de se prononcer sur le contenu de mon dossier, écrit Julien Dray. Je demande simplement que les socialistes défendent fermement des principes qui sont (étaient?) au coeur de leur identité, et de leur histoire». «Ma candidature n’est ni une question personnelle, ni une question d’avantages matériels, mais une question de principe», assure-t-il, expliquant vouloir se maintenir dans la course au nom de certains principes: «la présomption d’innocence, le refus du lynchage médiatique comme loi (de la jungle), la préservation de la vie privée».
Répondant à ces critiques, Christophe Borgel, secrétaire national du PS aux élections, a récusé toute «manoeuvre de la direction nationale» dans les choix faits pour les listes des régionales. «La décision prise par la fédération de l’Essonne [...] est une décision qui, une fois ratifiée par les militants, s’imposera à tous, aux adhérents, aux élus et deviendra la liste des socialistes pour les élections régionales», a-t-il assuré à l’AFP, disant comprendre le «sentiment d’injustice» de Dray. «Mais il n’y a rien de pire que d’organiser entre socialistes une polémique autour de ce sujet», a prévenu Borgel: «ça dessert les auteurs de la polémique et ce n’est pas bon pour le PS.»
Le député de l’Essonne a, par ailleurs, reçu, dimanche, le soutien de Ségolène Royal, qui jugeait sur France 5 inadmissible» qu’on lui fasse subir «une double peine» en le privant de candidature en raison de ses démêlés judiciaires: «La peine de laisser croire qu’il est jugé et condamné et la peine politique de ne pas le mettre sur la liste». Selon l’ex-candidate au congrès de Reims, dont Dray avait signé la motion, «il n’a aucune raison d’être chassé de cette liste sinon une double peine avant même qu’il ne soit jugé».
François Hollande a, lui, demandé sur Canal +, à la première secrétaire du PS d’en parler directement avec l’intéressé. Donnant la leçon à Martine Auvbry, l’ex-numéro un du PS glisse: «Moi ce que j’aurais fait, c’est de rencontrer Julien Dray [...] le mieux dans ces moments là, j’en ai connu en dix ans, [c’est] rencontrer la personne, la respecter, trouver la solution.»
Source : Libération.





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