Partager l'article ! Tours - Compte rendu de l'Université Populaire et Participative du 10 novembre en présence de J.L. Bianco et J.P. Gille.: ...
Belle réussite pour notre réunion qui a réuni plus d’une centaine de personnes (140). Militants politiques, associatifs, élus locaux et citoyens, tous étaient présents par-dessus les clivages pour participer à la réflexion d’une gauche progressiste qui se doit de retrouver vigueur et dynamisme.
Introduction d’Yvette Ferrand, animatrice du comité local de Désirs d’avenir
Yvette rappelle son passé de militante de gauche, son passé riche et porteur d’espoir; Elle commença par un militantisme associatif et y associa ensuite un militantisme politique. Un militantisme qui nécessite du mouvement, de l’énergie, de l’abnégation, même si les déceptions peuvent être fortes, comme celle qu’elle vécue le 6 Mai 2007, jour de l’élection de Nicolas Sarkozy.
Introduction du débat « quel nouveau mode de développement démocratique, écologique, économique et social ? «
Intervention de Jean-Patrick Gille et de Jean-Louis Bianco
Jean-Patrick Gille introduit le concept de démocratie monde face à la dictature du marché. Pour lui, Le libéralisme économique s’accélère en France, Nicolas Sarkozy s’efforçant d’adapter notre pays au système libéral profitant d’une phase d’endormissement général.
La crise doit être l’occasion d’interroger le système. Il convient de le faire avec les citoyens et pas seulement par des raisonnements classiques à l’intérieur des partis politiques. La crise peut être une « chance » de faire du positif, d’aller de nouveau de l’avant et de prendre beaucoup plus en considération l’écologie politique.
Il s’agit de repenser notre mode de développement, de rechercher un nouveau type de croissance moins basé sur le profit mais sur les besoins véritables des humains. Pour cela, changer nos indicateurs de développement est nécessaire en associant le social et l’environnemental au contraire de les opposer.
Jean Louis Bianco remercie les participants et rappelle combien il est important de conserver des lieux de réflexion libre, des débats vivants et sans tabou.
Jean-Louis Bianco développe l’idée que, face à des bouleversements climatiques, face au stress et à la précarité que subissent beaucoup d’entre nous, face au déficit moral du capitalisme financier, il faut dès aujourd’hui repenser radicalement notre mode de développement.
Jean-Louis Bianco donne quelques pistes de ce que pourrait être une société plus juste et plus durable.
- une société d’objets durables et de réparations face à une course à la consommation
- une société de croissance sobre qui combat les inégalités en limitant les écarts de rémunération ainsi que les crédits revolving
- une société où chacun peut s’exprimer en inventant une vraie démocratie locale et participative et en assurant l’indépendance de tout (médias, justice, institutions.…)
Jean-Louis Bianco pense que la question centrale est la question démocratique et conclut en citant JAURES, un nouveau mode de développement c’est d’abord « la démocratie jusqu’au bout ».
ECHANGES AVEC LA SALLE
Première salve de remarques et de questions :
Les intervenants mettent en lumière deux aspects de notre société actuelle, d’une part ils notent une certaine mathématisation de la pensée symbolisée par les traders qui, par des raisonnements mathématiques complexes, cherchent sans cesse le profit maximum.
D’autre part, ils remarquent que nous sommes dans un système de droite, ce qui oblige la gauche classique à faire avec ce système ce qui l’empêche d’être réellement efficace.
Jean-Louis Bianco répond en soulignant le travail remarquable d’Esther DUFLO, qui en tant qu’économiste essaye de rechercher d’autres possibilités de développement, ce qui constitue une démarche expérimental.
Jean-Louis Bianco précise qu’avant la victoire de 1981, une certaine idéologie de gauche s’était imposée et que dorénavant, l’idéologie de droite est dominante.
Deuxième salve de remarques et de questions :
Les intervenants citent comme alternative aux économies classiques, l’économie solidaire et la coopérative. Il s’agit de promouvoir ce « style d’économie » qui « appartient à tous », qui n’est pas délocalisable et qui s’installe dans la durée et la stabilité.
Véronique, adhérente DA, choisit de lire le texte d’une amie. Texte dénonçant le manque de considération de l’homme dans l’entreprise (travailleurs objet, pion, outil, esclave ...), un homme perdu dans la mondialisation et qui cherche parfois désespérément un peu de dignité, de fraternité et d’envie de vie.
Il est ensuite avancé que la gauche doit privilégier l’environnement sur les sujets sociaux et économiques et qu’il n’y a pas d’opposition entre économie et écologie, ainsi qu’entre le social et l’écologie. La question étant « comment faire évoluer les esprits ? »
Jean-Louis Bianco réagit en approuvant le développent des SCOP et des coopératives, entreprises pérennes qui partagent d’avantage le profit en plus d’être plus démocratique (un homme = une voix). Un système qui fonctionne mieux qu’une entreprise « à une seule tête ».
Jean-Louis Bianco ajoute une proposition concrète pour réguler notre économie : envisager la présence d’un administrateur de l’État qui aurait un droit de veto au sein du conseil d’administration d’une grande entreprise influente.
Troisième salve :
Alain Michel, maire de la commune de La Riche fait le constat d’une gauche « culturellement majoritaire » mais qui demeure éclatée et dont les valeurs sont en crise. Une gauche qui parait conservatrice car elle défend ses acquis et qui doit désormais se repenser et répondre aux attentes des citoyens. Une gauche enfin qui saura se régénérer à partir du social et de l’écologie en tournant définitivement le dos au socialisme dit classique.
Un intervenant tient à faire remarquer qu’un système de subvention au développement durable peut avoir des effets pervers. Il donne un exemple : les subventions faites pour le matériel d’énergie renouvelable sont acceptés uniquement pour le matériel homologué. Matériel qui coûte deux fois plus cher que le matériel non homologué. La collectivité subventionne donc pour permettre à tous de payer le matériel homologué au même prix que le matériel non homologué ce qui peut être considéré comme une politique peu efficace.
L’intervenante suivante nous fait part de son attachement à remettre en cause les données dont on dispose (chiffres sur le chômage, informations générales, sondages, etc.). Dans un souci de démocratie, elle prône la vigilance.
Jean-Louis Bianco partage l’idée d’une société humaniste dans laquelle le respect des travailleurs serait considéré comme un moteur de notre économie.
Il ajoute qu’une démocratie ne se décrète pas, elle se construit.
Enfin pour répondre à la problématique des subventions aux matériels écologiques, il préconise dans chaque collectivité, l’édiction d’un bilan des politiques d’énergies climats pour mieux se rendre compte de ce qui est efficace ou non. Il faut avoir une vision d’ensemble et mesurer les conséquences sur l’environnement de A à Z, de la production à la consommation.
Quatrième salve
Paul LUSSAULT, adhérent DA, affirme que le mot libéralisme a été assujetti par le capitalisme, il s’est inscrit dans les esprits comme une doctrine économique alors qu’il devrait être le but à atteindre. Il dénonce une démocratie médiocrement assurée par un clan sarkozyste. Sarkozy, un chef d’État qui concentre les pouvoirs, un chef d’état non démocratique.
Ce raisonnement l’amène à se poser deux questions. D’une part, Comment sortir de cette situation de mainmise? Et d’autre part, avec qui reconstruire une démocratie en France ?
D’autres remarques indiquent qu’il serait bon de sortir des habitudes de pensées et des idées fétiches. Tous les corps de la société doivent prendre part au fonctionnement social, doivent pouvoir être acteurs de la société ; il faut par conséquent remettre en cause les notions « d’excellence pour tous » et « d’ascenseur social », tout le monde ne peut pas être médecin, chacun à sa place. L’essentiel étant de rechercher une société plus égalitaire et plus juste.
Face au pouvoir en place, face à Sarkozy et aux pouvoirs des médias, trois questions précises sont posées :
Comment faire pour que la gauche soit plus présente?
Comment combattre et lutter ? Avec qui et avec quelles troupes lutter ?
REPONSE de Jean-Louis Bianco : Persévérons et ne désespérons pas.
Jean-Louis Bianco affirme qu’il croit en la force citoyenne, en de nouveaux outils comme Internet pour faire valoir nos idées. Il se satisfait enfin de cette PRIMAIRE pour les présidentielles qui sont un gage de démocratie. Il faut quotidiennement être plus forts, plus convaincus et avoir le bon langage. Être fort et rassembler.
Dernières remarques, dernières questions
Pour Thiedel, adhérent DA, penser un nouveau modèle de développement c’est aussi intégrer les problématiques d’immigration et ne pas avoir peur d’en parler. La question de l’homme et de son écosystème est une question cruciale. La culture est un sujet qu’il faut développer dans la mesure où c’est elle qui forge une personnalité.
Un élu local rappelle que notre rôle est aussi celui d’un militantisme quotidien sur le terrain. Il est important de se battre sans cesse pour faire passer des idées et porter des valeurs.
Jean-Louis Bianco intervient enfin en souhaitant que nous puissions avoir une vision du monde que nous voulons. Il s’agit ensuite d’être capable de traduire cette vision en mesures concrètes pour bâtir notre projet.
Sur les sujets dits de droite, notre devoir est de ne pas avoir peur de parler et d’affirmer nos propositions. Les gens ne croient plus en la politique, il faut parler de tout pour réincarner l’espoir. Il faut enfin rester optimiste et faire la politique par la preuve.
CONCLUSION ET RESUME DU DEBAT PAR J. SAURET, ADHERENT DA
J Sauret note un foisonnement d’idées ainsi qu’une nécessité de moments et de lieux d’échanges à double sens.
Il précise les grands enseignements à retenir de cette réunion en 4 grands points :
1. Bâtir un projet sur ses idées et pas contre la droite
2. Face au changement climatique, il faut un changement radical, notamment en ce qui concerne nos modes de consommation et de production
3. Économie = système fou. Il faut rebâtir des concepts pour redonner de l’énergie à la gauche. Il faut pour cela repartir des vrais besoins des humains et non des consommateurs
4. Associer tous les citoyens pour repenser notre modèle de développement
Jacques conclut en ouvrant le débat, quel pourrait être un nouveau pouvoir ? Comment exercer ce nouveau pouvoir ? Quelles nouvelles formes de démocratie? La démocratie locale et participative peut être une réponse.
Les invités ont ensuite été remerciés et vivement applaudis.
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