Désirs D'avenir 37.

C'est la rentrée ! rentrée politique avec la fin des universités d'été, celle du parti socialiste à La rochelle était bondée avec près de 4000 militants venus débattre autours d'une série de tables rondes ; rentrée des classes aussi avec son cortège de réformes plus ou moins heureuses et un gouvernement toujours aussi cacophonique dans son expression. Les socialistes seraient-ils vraiment les seuls à avoir besoin d'unité ?
Le financement du RSA
L’annonce du
financement du RSA par la création d’une nouvelle taxe sur les revenus du capital pourrait passer pour une bonne nouvelle. Taxer le capital plutôt que le travail, une mesure que la gauche aurait
pu prendre, pensez-vous !
Plusieurs motifs nous invitent à modérer notre satisfaction.
Le premier tient au fait que le gouvernement crée une nouvelle taxe alors que la réforme de notre système fiscal appelle une simplification drastique de l’architecture de nos prélèvements obligatoires, devenus coûteux, illisibles et anti-redistributifs, et en particulier des niches fiscales dont on estime le montant à 72 milliards d’euros !
La seconde tient au fait que cette taxe est un aveu d’échec du gouvernement qui prend l’exact contrepied du paquet fiscal qui avait largement bénéficié aux revenus du capital. Cela me fait dire qu’il eu été plus pertinent de revenir sur certains des cadeaux accordés aux plus riches pour financer le RSA, cadeaux fiscaux qui ont prouvé leur inefficacité économique en creusant un peu plus encore les déficits publics. Loin d’en tirer les conclusions pertinentes, la Ministre de l’économie, préfère enfoncer le clou de l’incurie gouvernementale en suggérant une réforme de l’ISF. On croit rêver !
Troisième motif, enfin, il tient aux revenus du capital affectés par cette nouvelle taxe. Les hauts revenus en seront vraisemblable exonérés dans la mesure où la taxe pourrait être incluse dans le bouclier fiscal, contre l’avis, il faut d’ailleurs le dire de Martin Hirsch. Ce sont donc les petits épargnants, les titulaires d’assurance vie notamment qui paieront la facture.
Rentrée pas classe
Cette année, le cartable des réformes de Xavier Darcos est un peu trop lourd entre les suppressions de postes d’enseignants, la réduction du nombre d’heures de cours dans le premier degré, des programmes révisés alors que ceux de 2002 n’ont pas encore été évalués ou la suppression progressive de la carte scolaire.
85.000 suppressions
de postes en 5 ans, c’est la promesse faite par le gouvernement et qui à n’en pas douter sera tenue, alors même que l’évolution de la démographie scolaire offrait pour la première fois
l’occasion d’une véritable politique de ciblage. Politique dont les spécialistes s’accordent à reconnaître l’efficacité en termes de réussite scolaire. Le gouvernement n’aura donc pas saisi
l’occasion de réduire le nombre d’élèves par classe, d’accroître l’encadrement des élèves ou d’augmenter le nombre de jours scolaires nettement plus profitable aux élèves qu’une semaine de
quatre jours surchargée. Je vous renvoie à la lecture d’un rapport que personne ne peut sérieusement contester de Thomas Piketty qui a étudié l’impact de la réduction du nombre d’élèves en
classe de CE1 en ZEP sur la réussite scolaire.
Nous devrons donc nous contenter de constater que c’est désormais en dehors de l’école que le rattrapage scolaire aura lieu, nous contenter des heures de soutien (dont je ne conteste pas l’utilité) et des stages de remise à niveau pendant les vacances assurés grâce aux heures supplémentaires imposés aux professeurs.
On aurait pu imaginer un peu plus de considération pour les travaux des pédagogues et des économistes de l’éducation, pour les travaux de Davaillon, de Nauze-Fichet ou de Meirieu. On aurait pu imaginer que ce soit à l’école et durant le temps scolaire que la réussite des élèves se construise, par la mise en place de pédagogies adaptées et différentiées prenant en compte la situation des élèves, par la promotion du travail en équipe, par la mise en place d’une formation initiale et continue des enseignants de qualité… au lieu de cela, c’est l’hécatombe des moyens, la ghettoïsation sociale, la remise en cause de l’IUFM, le repli de l’offre pédagogique. Une école des marchands pilotée par objectifs au lieu du service public d’un pays qui nourrit des ambitions pour l’avenir de ses enfants.
Obama investi !
Beau et émouvant discours d’investiture que celui de Barak Obama, dépassant les clivages raciaux, appelant à l’unité, préférant la promesse républicaine au simple rêve américain, reprenant les thèmes chers aux démocrates comme la protection sociale et ouvrant des perspectives nouvelles, en rupture avec 8 ans de buschisme en matière de politique étrangère. Un discours à lire pour ceux qui n’en auraient eu que quelques aperçus.
Source : Le Blog de Najat Vallaud-Belkacem