Désirs D'avenir 37.



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A l'issue d'un mois de juillet houleux et mortifère, les vacances tombent à pic pour les socialistes. Peut-être vont-ils retrouver un peu de calme avant l'université d'été de tous les dangers que le parti tiendra à La Rochelle fin août.


Pour les socialistes, la trêve estivale n'aura jamais aussi bien porté son nom. Après la débâcle des élections européennes, le mois de juillet a été terrible au PS. Manuel Valls et Arnaud Montebourg se sont notamment opposés de manière très violente à la première secrétaire, Martine Aubry. Le parti, « tombé dans le formol » pour le second, doit « changer ou mourir », a insisté le premier. Quand Jack Lang qualifiait, lui, le PS d'« arbre sec ». Incapables de se parler en face, de s'entendre (et surtout de s'écouter), privilégiant les règlements de compte dans les médias (y compris la presse étrangère), les socialistes devraient décréter un cessez-le-feu salutaire pour les vacances.

Mais il risque d'être de courte durée. Les hostilités pourraient reprendre dès l'université d'été du PS, qui se déroulera du 28 au 30 août à La Rochelle. Selon le politologue Roland Cayrol, cette grand-messe de rentrée vient « trop tôt » pour que les socialistes soient rassemblés. Craignant un nouveau psychodrame, un certain nombre de leaders ont appelé au calme. « L'été nous invite à faire une pause, à prendre du recul et de la hauteur », a écrit Ségolène Royal aux adhérents de son association Désirs d'avenir, soulignant sa « responsabilité particulière » pour « rassembler nos forces et aider le PS à changer vraiment, en profondeur ». Proche de Bertrand Delanoë, Harlem Désir a appelé à « méditer pendant la pause estivale ». 

« Sursaut collectif » nécessaire

Elle sera réduite. Avant La Rochelle, Vincent Peillon réunira le courant L'Espoir à gauche, à Marseille (21-22 août). Arnaud Montebourg, qui menace d'en appeler aux militants pour réaliser des « primaires ouvertes » à gauche pour 2012, organisera un « séminaire » le 27 août à Jarnac.

Tous les socialistes sont d'accord pour « rénover » leur parti et « rassembler », tous appellent à un « sursaut collectif », mais rien ne sera possible, selon les politologues, tant que la question du leadership ne sera pas résolue. Selon Roland Cayrol, « la seule solution, c'est qu'ils liquident leur problème de leadership » pour 2012. Pour le politologue, qui ne voit pour l'instant « pas de sauveur possible », « sans nouveau congrès, en continuant ainsi, ça peut glisser encore ».

Gérard Grunberg complète cette analyse. « C'est une erreur capitale d'avoir rejeté le plus loin possible le débat sur les primaires, estime-t-il. Martine Aubry aurait dû s'en emparer très vite, quitte à trancher par la négative. Le PS n'a pas tiré les enseignements de la claque des européennes. Il n'y a plus aucune raison que la situation ne s'aggrave pas puisqu'il n'y a plus de règles ni de personnalité pour arrêter tout cela. »


Dans ces conditions, l'université d'été de La Rochelle risque d'être plus sportive que studieuse.

 

Source : Les Echos.




 
Mar 4 aoû 2009 Aucun commentaire